Dans "Lettres persanes", Montesquieu offre une satire brillante et intemporelle de la société française du XVIIIe siècle, observée à travers les yeux de deux nobles persans, Usbek et Rica. Quittant leur sérail d'Ispahan en 1711 pour un long voyage vers l'Europe, les deux hommes échangent des correspondances avec leurs amis, leurs mullahs et les femmes de leur harem restées en Perse. Cette narration épistolaire devient un prétexte ingénieux pour dépeindre les mœurs, les institutions politiques, la religion et les coutumes occidentales avec un regard neuf, souvent amusé, parfois acerbe. Leurs lettres, empreintes d'un exotisme calculé, commentent tout, de la mode parisienne absurde aux subtilités de la politique royale, en passant par les travers de la justice et les arcanes de la religion chrétienne. Montesquieu utilise ce décalage culturel pour critiquer subtilement l'absolutisme monarchique, les privilèges de la noblesse et le système financier de John Law. En parallèle, l'intrigue se noue autour du sérail d'Usbek, où les désordres grandissent en son absence, culminant dans une tragédie qui contraste avec la légèreté des premières observations. "Lettres persanes" est une œuvre fondatrice de la littérature des Lumières, mêlant humour, critique sociale et réflexion philosophique sur la relativité des cultures.
Critical Reception
"Œuvre majeure des Lumières, "Lettres persanes" reste une satire intemporelle des mœurs et de la politique, fondatrice de la pensée comparatiste et critique sociale."