Au seuil de la Première Guerre mondiale, dans une France figée par les conventions, le comte Hector de Clérambard, aristocrate ruiné et despote domestique, règne avec une main de fer sur sa femme et son fils, qu'il contraint à des travaux manuels pour subsister. Obsédé par les vertus chevaleresques du Moyen Âge, il vit dans un déni total de la réalité, accablant son entourage de sa misanthropie et de son amour pour les araignées. Une apparition mystique, celle de Saint François d'Assise (ou une vision inspirée par lui), bouleverse radicalement sa vie. Clérambard se convertit soudainement à une foi ardente et excentrique, prônant l'amour universel, la pauvreté volontaire et le respect absolu de toutes les créatures, en particulier les animaux, qu'il libère de leurs cages et dont il refuse de consommer la viande. Ce nouveau fanatisme, teinté d'une candeur touchante et d'une folie douce, le pousse à abandonner son château ancestral et à entraîner sa famille, stupéfaite et réticente, dans une vie d'errance à travers les routes de France, adoptant le mode de vie des gitans. La pièce, à la fois drôle et poignante, explore avec brio les thèmes de la rédemption, de l'hypocrisie sociale et de la difficulté d'aimer dans un monde cynique.
Critical Reception
"Pièce emblématique du répertoire de Marcel Aymé, "Clérambard" est saluée pour sa satire mordante des conventions sociales et sa poésie fantaisiste, oscillant entre le grotesque et l'émotion."
Adaptations
Film "Clérambard" (1969) réalisé par Yves Robert, avec Philippe Noiret dans le rôle principal.