Émile Ajar est le pseudonyme le plus célèbre de Romain Gary (né Roman Kacew, 1914-1980), écrivain, diplomate et cinéaste français. Ce mystère littéraire a secoué le monde des lettres en 1975 lorsque *La Vie devant soi*, signé Émile Ajar, remporta le Prix Goncourt. Gary avait déjà reçu ce même prix en 1956 sous son propre nom pour *Les Racines du ciel*. Le règlement du Goncourt stipule qu'un auteur ne peut le recevoir qu'une seule fois. Gary orchestrait ainsi la seule double attribution de ce prestigieux prix sous deux identités différentes, une supercherie qu'il révélera post-mortem dans *Vie et mort d'Émile Ajar*. Ajar incarne une facette plus fantaisiste, tendre et désespérée de l'œuvre de Gary, explorant des thèmes universels avec une voix unique. Son œuvre la plus emblématique, *La Vie devant soi*, raconte l'histoire d'un jeune garçon arabe élevé par une ancienne prostituée juive à Belleville, offrant une méditation poignante sur l'amour, la vieillesse et la tolérance.
«On peut vivre sans avoir de couilles, mais pas sans un peu d'amour.»
«L'homme n'est qu'un oiseau qui a fait la rencontre d'une cage.»
«Il faut aimer les gens. Il faut les défendre. Il faut les aider. Il faut les prendre par la main.»
Le style d'Émile Ajar, distinct de celui de Romain Gary sous son nom propre, est caractérisé par une prose inventive, pleine d'humour noir et de tendresse. Il utilise un langage familier, souvent teinté d'argot et d'expressions populaires, qui donne une voix authentique et bouleversante à ses personnages marginaux. Sa narration est marquée par une profonde compassion pour les êtres fragiles et les exclus, tout en maniant l'ironie et l'absurde pour dénoncer la cruauté du monde. Le lyrisme poétique côtoie une simplicité apparente, créant une œuvre à la fois légère et profondément philosophique, où l'émotion est toujours palpable sous la surface du comique.