Isidore Ducasse, plus connu sous son pseudonyme de Comte de Lautréamont, est un poète français né en Uruguay. Sa courte existence, de 1846 à 1870, fut marquée par une œuvre unique et énigmatique : "Les Chants de Maldoror" et "Poésies". Arrivé en France pour ses études, il se consacre à l'écriture, publiant à compte d'auteur "Les Chants de Maldoror" en 1868, une œuvre qui défie toutes les conventions littéraires de son époque. Ce texte, jugé trop subversif et blasphématoire, ne sera distribué qu'après sa mort. Ses "Poésies", publiées posthument, contrastent par leur ton, prônant le plagiat et la réécriture morale. Mort dans l'obscurité à 24 ans, Lautréamont fut redécouvert au début du XXe siècle par les Surréalistes, qui virent en lui un précurseur majeur de leur mouvement, célébrant son imagination débridée et son audace stylistique. Son œuvre continue de fasciner et d'interroger par sa violence verbale, sa noirceur existentielle et sa quête de l'absolu.
«Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie !»
«La poésie doit avoir pour but la vérité pratique.»
«Il est bon de souffrir.»
Son style est caractérisé par une prose poétique luxuriante et violente, riche en métaphores audacieuses et en images cauchemardesques. Il utilise des juxtapositions surréalistes, une syntaxe souvent perturbée et un langage hyperbolique, voire blasphématoire. Son écriture est fragmentée, lyrique, et vise à choquer et à provoquer, explorant les confins de la folie et du grotesque. Il mélange l'épique, le fantastique et le philosophique dans un flux verbal torrentiel, annonçant l'automatisme psychique.