Née Natalia Tcherniak en 1900 à Ivanovo, en Russie, Nathalie Sarraute arrive en France à l'âge de deux ans. Elle étudie le droit, l'histoire et la littérature à Paris, Oxford et Berlin, avant de devenir avocate. Cependant, c'est la littérature qui la passionne. Dès les années 1930, elle commence à écrire, explorant les "tropismes", ces mouvements psychologiques infimes et imperceptibles qui sous-tendent nos interactions quotidiennes. Son premier ouvrage, "Tropismes", publié en 1939, marque le début d'une carrière novatrice. Figure majeure du Nouveau Roman, elle remet en question les conventions narratives traditionnelles, délaissant l'intrigue et les personnages psychologiquement définis au profit d'une plongée dans le subconscient et les dynamismes relationnels. Son œuvre est une exploration constante de l'authenticité des sentiments et des émotions latentes. Elle est décédée en 1999.
«La véritable action, la seule, est intérieure.»
«Chaque mot que l'on prononce est un danger.»
«Il n'y a pas de personnages, mais des figures, des voix, des présences.»
Son style se caractérise par une écriture fragmentée et polyphonique, axée sur la restitution des "tropismes". Elle déconstruit les personnages traditionnels, les réduisant à des voix ou des consciences fluctuantes. Ses dialogues sont souvent des monologues intérieurs déguisés, révélant les non-dits et les dynamiques de pouvoir. Elle utilise une prose précise, quasi scientifique, pour sonder les profondeurs de l'âme humaine, rejetant l'intrigue linéaire au profit d'une exploration des micro-événements psychologiques et relationnels.