Théophile Gautier (1811-1872) fut un poète, romancier, critique d'art et journaliste français, figure emblématique du mouvement romantique puis du Parnasse, et ardent défenseur de la doctrine de « l'art pour l'art ». Né à Tarbes, il étudie d'abord la peinture avant de se tourner vers la littérature, sous l'influence de Victor Hugo. Il participe activement à la célèbre « Bataille d'Hernani » en 1830, arborant son fameux gilet rouge, symbole de la rébellion romantique. Son œuvre, marquée par une recherche obsessionnelle de la beauté formelle et une prose descriptive luxuriante, rejette toute utilité morale ou didactique de l'art. Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent le roman « Mademoiselle de Maupin », qui défend la liberté esthétique et sensuelle, et le recueil poétique « Émaux et Camées », où il pousse la perfection formelle à son paroxysme. Critique d'art et de théâtre prolifique, il voyage beaucoup, ce qui nourrit son goût pour l'exotisme et les descriptions colorées. Son style précis et imagé a grandement influencé les générations littéraires suivantes, notamment les Parnassiens et les Symbolistes.
«La beauté est la seule excuse de l'existence.»
«L'art est un luxe, mais il en faut aux peuples.»
«Je voudrais que la plume fût un pinceau.»
Le style d'écriture de Théophile Gautier est caractérisé par une quête incessante de la beauté formelle et de la perfection stylistique. Il excelle dans les descriptions riches, précises et imagées, dotant ses textes d'une qualité presque picturale. Sa prose est souvent luxuriante, sensuelle et évocatrice, refusant toute implication morale ou sociale pour privilégier l'esthétisme pur. Il porte une grande attention au vocabulaire et à la musicalité de la langue, visant une rareté et une originalité du mot juste. Ce culte de la forme et son rejet du didactisme sont au cœur de son engagement pour la doctrine de « l'art pour l'art », faisant de l'œuvre d'art une fin en soi.