Philippe Ariès (1914-1984) était un historien français dont les travaux ont révolutionné la compréhension des mentalités et des structures sociales à travers l'histoire. Il est mondialement reconnu pour ses études pionnières sur l'histoire de l'enfance et de la mort. Associé à l'école des Annales, Ariès a mis l'accent sur les attitudes culturelles et les représentations collectives, plutôt que sur les événements politiques. Son œuvre majeure, "L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime" (1960), a démontré que le concept moderne d'enfance est une construction sociale relativement récente. De même, "L'Homme devant la mort" (1977) a exploré les transformations des attitudes occidentales face à la mort au fil des siècles. Son approche interdisciplinaire, puisant dans la démographie, la sociologie et l'anthropologie, a ouvert de nouvelles voies pour l'histoire culturelle, influençant profondément de nombreux chercheurs.
«Le sentiment de l'enfance n'est pas un don de la nature ; il est le produit de l'évolution des mœurs.»
«La mort est une rupture, non pas seulement avec la vie, mais avec la société qui nous relie aux vivants.»
«La mort apprivoisée est la mort familière, celle dont on n'a pas peur, celle qu'on accepte, parce qu'elle est inéluctable et qu'on l'a toujours vue.»
Son style d'écriture est érudit, analytique et profond, caractérisé par une approche historique culturelle et sociale. Il utilise des sources variées, allant des registres paroissiaux aux testaments, pour reconstituer les "mentalités" d'époques passées. Ariès privilégie une perspective de longue durée, examinant les continuités et les ruptures dans les attitudes collectives sur des siècles, avec une grande précision dans l'analyse conceptuelle.